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Entretien de Mark van Beuningen, Group CEO de CFSL

Wednesday, 25 November 2020 Business Magazine

Dans un entretien accordé à Business Magazine, Marc van Beuningen, Group CEO de CIM Financial Services Ltd, aborde la résilience du secteur financier bancaire et non bancaire pendant la crise sans précédent du COVID-19. Préconisant une approche prudentielle, Mark van Beuningen a réitéré l’engagement de Cim Finance à soutenir les particuliers et les PME.

« Agir pour éviter un taux de chômage alarmant et une crise du crédit »

L’impact de la Covid-19 sur les entreprises reste très difficile à quantifier. Car les effets de la détérioration de l’économie ne seront ressentis que dans les mois à venir et ils dépendront eux-mêmes de la manière dont évolue la situation, observe le Group CEO de CIM Financial Services. Tout en adoptant une approche prudentielle, comme en témoigne le rehaussement du seuil des provisions pour créances douteuses à Rs 433,7 millions, le conglomérat remplit par ailleurs pleinement son rôle en soutenant les particuliers et les PME, fait remarquer Mark van Beuningen.

Malgré la crise, le Groupe CIM s’en tire plutôt bien avec des bénéfices après impôts de Rs 138,4 millions pour la période de 9 mois se terminant le 30 juin (baisse de 48 % par rapport à la même période en 2019). Comment se portent vos activités durant ce second semestre ?

Depuis ces derniers mois, le pays dans son ensemble fait face à de réelles difficultés économiques. Il est important de mettre en perspective nos derniers résultats financiers pour la période se terminant le 30 juin 2020. En regardant ces résultats de près, l’on constate que nous avons réalisé une bonne performance pour la première moitié de notre année financière, d’octobre 2019 à mars 2020, c’est-à-dire avant que la pandémie de Covid-19 ne touche notre pays. Durant cette période, tous les secteurs économiques étaient en progression, et les dépenses liées à la consommation étaient, de ce fait, en hausse.

Cependant, lorsque l’on regarde les résultats pour le trimestre d’avril à juin 2020, nous voyons que la situation s’est inversée. Nous observons une baisse de 91 % des profits après impôts, qui atteignent Rs 7,7 millions pour la période. Vous noterez également que nos provisions pour crédits non performants ont augmenté de manière conséquente pour le trimestre se terminant le 30 juin 2020, s’élevant à Rs 433,7 millions, tenant compte ainsi des changements en termes de risques et des prévisions macro-économiques en baisse. Juste pour vous donner un ordre d’idée, ces mêmes provisions étaient d’un montant de Rs 141,5 millions l’année dernière.

Malgré des performances encourageantes en termes de ventes et de recouvrement, obtenues en dépit des incertitudes qui prévalent depuis la fin du confinement, l’impact de la Covid-19 sur les entreprises reste très difficile à quantifier. Cela est dû au fait que les effets de la détérioration de l’économie ne seront ressentis que dans les mois à venir, et qu’ils dépendront eux-mêmes de la manière dont évolue la situation.

Cela étant dit, Cim Finance possède des assises financières solides, et dispose des ressources nécessaires ainsi que du soutien de ses différents partenaires. Étant donné ces conditions dont nous bénéficions, il ne fait aucun doute que nous sommes bien préparés à affronter cette période difficile.

À fin juillet, le Groupe CIM avait réalisé des opérations de levée de capitaux sur le marché obligataire pour un montant de Rs 3 milliards. Qu’est-ce qui motive cette stratégie ?

Notre deuxième Medium-Term Note (MTN) Programme s’inscrit dans la continuité de notre stratégie de financement. Tenant compte des développements intervenus récemment sur le marché obligataire mauricien, et en prenant en considération notre désir d’être un «price-maker» en émettant des obligations et de construire une courbe de rendement pour les bons de Cim Financial Services Ltd, nous avons décidé l’année dernière d’entreprendre une séquence structurée d’émissions de bons à moyen terme.

Nous considérons cela comme une période propice pour cette transaction, vu que nous évoluons dans une période marquée par un taux d’intérêt historiquement bas et un marché caractérisé par un excès de liquidités à la recherche d’investissements proposant un rendement de qualité. Conformément à notre programme, les bons que nous avons émis proposent différents taux d’intérêt qui varient en fonction de leur période de maturité, allant de 2,5 % pour ceux dont la maturité est d’un an, à 4,75 % pour ceux qui arriveront à échéance dans 10 ans.

La décision d’émettre ces obligations sur la Bourse de Maurice était motivée par le fait que nous voulions spécifiquement cibler les fonds de pension et les investisseurs fortunés et exigeants, en sus de nos partenaires bancaires. L’émission de ces bons est intéressante pour les fonds de pension et les investisseurs à haut revenu puisqu’elle rend l’investissement plus liquide et négociable. De plus, ces individus fortunés obtiennent des avantages fiscaux sur les bons cotés en Bourse, d’autant plus que ces investisseurs sont peu desservis en termes d’options d’investissement local à Maurice. Cela appuyait notre proposition. Le fait d’être coté à la Bourse de Maurice nous offre l’avantage d’avoir accès à une large palette d’investisseurs, et de ce fait, nous assure une plus grande demande pour la transaction à un meilleur tarif que ce qui nous était offert pour les «Notes». Ce faisant, nous avons été en mesure d’obtenir un financement pour notre entreprise.

Quels sont les facteurs qui expliquent la résilience du secteur financier bancaire et non bancaire en cette période de crise sans précédent ?

Avoir des réserves financières suffisantes est essentiel pour assurer la résilience face à la crise. Les pertes occasionnées par les défauts de remboursement et l’augmentation des actifs pondérés vont épuiser le capital des banques. La formation de capital ne sera pas facile en tenant compte de la baisse des revenus et des profits, ce qui fait que le paiement des dividendes devra être réduit, et les structures et les réductions de coûts devront être examinées. Les politiques de crédit devront être renforcées afin de mitiger les risques liés aux prêts non performants.

De plus, il est essentiel que les institutions bancaires, ne disposant pas de dépôts des particuliers, aient accès à des liquidités suffisantes pour financer les opérations des entreprises et être en mesure de continuer à prêter aux clients, même s’il y a une baisse au niveau des demandes de prêts.

Si jusqu’ici, les services financiers tiennent le choc, il n’empêche qu’à mesure que la crise se prolonge, les risques d’une crise du crédit demeurent réels, selon les analystes. Partagez-vous cet avis ?

Absolument ! Depuis le confinement, nous avons observé une hausse des demandes de rééchelonnement et de moratoire en raison des pertes d’emplois dans certains secteurs qui ont été particulièrement touchés, comme le tourisme, le textile, l’aviation, entre autres. Les personnes travaillant à leur propre compte ont aussi été particulièrement affectées durant cette période. Des mesures fortes sont nécessaires pour soutenir les secteurs les plus durement touchés et relancer l’économie. Elles assureront que le chômage n’atteigne pas un taux alarmant, ce qui mènerait inévitablement à une crise du crédit.

Le dernier World Economic Outlook publié par le Fonds monétaire international (FMI) fait plusieurs recommandations dans cette optique. Le document suggère de limiter les dégâts en amortissant les pertes de revenus encourues par les personnes et les entreprises affectées, tout en soutenant, en parallèle, une réaffectation des ressources des secteurs dits «contact-intensive» qui sont les plus susceptibles d’être touchés pour une plus longue période. De plus, des programmes de formation et de reconversion doivent être mises en place pour permettre aux employés de trouver du travail dans d’autres secteurs. Étant donné que la transition pourrait prendre du temps, les employés déplacés auront besoin d’une aide au revenu étendue, le temps qu’ils complètent leur reconversion et retrouvent du travail.

Étant engagé dans le secteur du crédit à la consommation, le Groupe CIM est  particulièrement à risque contre les défauts de paiement. Quelles sont les stratégies que vous avez mises en place pour diminuer votre exposition aux actifs toxiques ?

Nous avons investi de manière importante dans l’amélioration de nos fiches d’évaluation et automatisé nos processus s’agissant des demandes de crédit. Cela nous permet d’accorder des prêts à des particuliers en l’espace de quelques minutes.

Compte tenu du niveau d’incertitude et d’une possible augmentation des risques liés au crédit, résultant des effets de la Covid-19, nous avons entrepris un examen analytique de nos fiches d’évaluation en tenant compte des analyses de scénario faites pendant le confinement. Bien que cela ait un impact sur le volume des prêts décaissés, nous avons observé une performance positive en ce qui concerne les remboursements pour des prêts accordés à nos clients après le confinement. Ces résultats correspondent à la tendance habituelle concernant les remboursements.

À travers les ajustements que nous avons apportés à nos politiques en matière de risque de crédit et à nos fiches d’évaluation, nous nous assurons d’être prudents lorsqu’il s’agit de la qualité et de la quantité des crédits que nous accordons. Nous continuerons à suivre activement la performance de notre portefeuille de prêt et apporter des changements additionnels à nos politiques et à nos fiches d’évaluations, si les conditions l’exigent.

Compte tenu de l’environnement hautement volatil, avez-vous revu vos prévisions en termes de pertes de crédit attendues ?

Même si nous avons noté des performances encourageantes en matière de vente et de recouvrement ces derniers temps, nous resterons prudents en raison des incertitudes qui prévalent. Au 30 juin, le groupe a fait des provisions de Rs 434 millions sur ses actifs financiers pour créances douteuses pour la période, et ce après avoir pris en considération les changements en matière de risque de crédit et des prévisions macro-économiques peu reluisantes.

Comme je vous l’ai dit plus tôt, cette somme représente une augmentation importante, en comparaison à la même période l’année dernière lorsque ces provisions s’élevaient à Rs 142 millions. En raison du contexte extrêmement volatil, il est très difficile d’évaluer de manière exhaustive l’impact de la Covid-19 sur les entreprises. Nous suivons de près la situation sur une base quotidienne. Toutefois, pour l’heure, il est impossible d’estimer, en termes financiers, l’ampleur des dégâts économiques dont nous sentirons les effets dans les mois à venir.

Dans le même temps, le Groupe CIM a une obligation sociale de soutenir les particuliers et les PME, ayant besoin de soutien financier. Comment conciliez-vous cela avec la nécessité de suivre scrupuleusement des normes comptables strictes comme l’IFRS 9 ?

Au cours des derniers mois, nous avons pris plusieurs mesures pour concevoir une série de plans pour aider ceux faisant face à des difficultés à cause des problèmes économiques liés à la Covid-19. C’est ainsi que nous avons offert à nos clients plusieurs options pour rééchelonner leurs mensualités, alors que des moratoires ont été accordés à d’autres après un examen de chaque cas individuellement. Nous sommes allés plus loin pour aider nos clients qui ont perdu leurs emplois en les mettant en contact avec des employeurs susceptibles de leur proposer du travail à travers un Job Support Programme que nous gérons en collaboration avec des agences de recrutement, à savoir Adecco, Alentaris, CareerHub et MyJob. Nous avons lancé ce programme le 18 novembre et avons reçu une quarantaine de demandes en moins de deux jours. Ces requêtes sont traitées par une équipe dédiée à cette cause au sein de Cim Finance.

Par ailleurs, nous sommes conscients que les entrepreneurs font face à des difficultés en matière de financement. Afin de les aider à surmonter cet obstacle dans le court terme, nous avons lancé un Special SME Factoring Scheme, dont l’objectif est d’assurer que ces entreprises aient des fonds de roulement. Ce sont, en effet, quelques exemples qui démontrent comment Cim Finance conçoit son rôle au sein de la société mauricienne.

S’agissant de la mise en pratique de la norme IFRS 9, il faut faire preuve de jugement. L’IFRS 9 exige et permet aux entités d’ajuster leur approche pour déterminer les Expected credit losses (ECL) sous différentes circonstances. Un nombre de postulats et de liens sous-jacents à la manière dont les ECL sont actuellement mises en place pourraient ne plus être pertinents dans ce nouvel environnement. De ce fait, la méthodologie utilisée pour les ECL ne doit pas être appliquée de manière mécanique.

La période de fin d’année est synonyme de forte consommation. Bien que le pouvoir d’achat des Mauriciens soit amoindri, il y a fort à parier qu’ils seront tentés de casser la tirelire et d’investir dans leur bien-être. Quelle sera votre stratégie pour contrôler la vente à tempérament dans des limites raisonnables en cette période festive, sachant que vous avez aussi l’obligation de servir le consommateur ?

Ce n’est pas une stratégie à proprement parler. Il s’agit plutôt d’un process qui fait partie de ce que nous faisons tous les jours. Nous disposons d’une fiche d’évaluation solide qui nous aide à évaluer la capacité de remboursement de nos clients, les protégeant ainsi du piège du surendettement et des situations précaires. Les critères pour l’octroi d’un crédit à la consommation sont régulièrement réévalués et amendés selon plusieurs facteurs. Comme discuté, ces critères ont été récemment revus en tenant compte des changements dans le paysage des risques. Un critère clé qui est utilisé est le debt-to-income ratio du client, qui correspond aux paiements mensuels de la dette divisés par le revenu mensuel brut. Ce chiffre est une manière de mesurer la capacité du client à gérer ses remboursements mensuels censés repayer l’argent qu’il envisage d’emprunter.

En tant qu’entreprise responsable, Cim Finance a à cœur le bien-être de ses clients. Elle est fortement engagée dans sa mission qui est d’améliorer leur qualité de vie et de leur offrir de meilleures perspectives d’avenir, en particulier en les aidant à mener à bien leurs projets et faire de leur rêve une réalité. En sus d’offrir des solutions de crédit, l’entreprise a des engagements sociaux qui sont au cœur de ses actions. Étant guidés par notre devises «La vie avance», nous sommes désireux de soutenir nos clients de la manière la plus responsable possible.

D’aucuns disent que le risque de surendettement est réel. Comptez-vous mener campagne pour inciter les gens à dépenser de manière responsable ?

Grâce à Cim Finance et à ses offres de crédit à la consommation, plus de 270 000 Mauriciens ont aujourd’hui accès au financement. C’est en effet un segment que l’entreprise a parfaitement maîtrisé après 33 ans. Nous considérons qu’il est de notre devoir d’éduquer et de sensibiliser notre clientèle et le grand public sur la manière de se protéger des risques financiers, tels que les fraudes. Nous n’avons pas attendu la pandémie de Covid-19 pour initier une campagne d’éducation financière. Nous avons été très actifs sur ce sujet très important, notamment à travers un partenariat avec la plateforme numérique «2 minutes» et la production de six vidéos courtes traitant de différentes questions, telles que la gestion du budget, le surendettement, la gestion du boni de fin d’année ainsi que le fonctionnement et l’utilisation efficace d’une carte de crédit. Ces deux dernières vidéos ont été réalisées en partenariat avec l’Association pour la protection des emprunteurs abusés. Nous avons aussi présenté les documents à produire lors des demandes de crédit et pourquoi. Il a aussi été question de ce à quoi l’on s’engage en contractant un prêt. Toutes ces vidéos peuvent être visionnées sur la page Facebook de «2 minutes».

En vue de soutenir financièrement les PME, le Groupe CIM a mis en place des facilités pour les aider à alléger leur cash-flow. Vous avez notamment revu votre CIM Factoring Scheme. Jusqu’ici, combien d’entreprises avez-vous soutenues et pour quel montant ?

Cela fait quelques années déjà que Cim Finance propose des solutions d’affacturage aux petites et moyennes entreprises (PME). Nos offres en matière d’affacturage comportent de nombreux avantages, notamment un taux d'intérêt compétitif, le recouvrement de créances assuré par une équipe professionnelle, un financement ne nécessitant aucune charge flottante ou besoin supplémentaire de sécurité ou encore une assurance-crédit pour vous protéger contre l’insolvabilité des débiteurs.

Nous avions décidé, par temps de crise économique imputée à la COVID-19, de venir avec un Special SME Factoring Scheme, en partenariat avec l’Investment Support Programme (ISP) du gouvernement, pour permettre aux PME – qui tentent de survivre après la période de confinement – d’alléger leur cash-flow à travers l’affacturage. Il s’agit d’un plan sans garantie requise, avec un taux d’intérêt de 2% par an jusqu’au 31 décembre 2020, et un financement allant jusqu’à 90 % des factures en 24 heures.

Les entreprises optant pour ce plan bénéficient aussi d’une subvention de 50 % sur les commissions d’affacturage de l’ISP. Le coût des frais d’affacturage avec la subvention sera d’un maximum de 0,75 % par facture pour la PME pour une limite maximale de financement de Rs 10 millions. À ce jour, 41 % de nos clients pour les services d’affacturage sont des entreprises ayant souscrit au SME Factoring Scheme.

Nous proposons également un taux d’intérêt préférentiel à partir de 2,5 % par an sur notre Leasing Equipment Modernisation Scheme. Il s’agit d’un plan spécial, toujours en partenariat avec l’ISP, pour accompagner les PME dans l’acquisition et la modernisation de leurs équipements de production. Que ce soit pour l’achat de véhicules et/ou d’équipements, le leasing se veut flexible et permet au client d’utiliser un bien détenu par la société offrant cette solution jusqu’à l’échéance de ses remboursements allant de 36 à 84 mois, à la suite de laquelle il devient automatiquement le propriétaire

Pour Cim Finance, la priorité est de comprendre les besoins de ses clients et d’assurer que leurs projets se réalisent en temps voulu. Nous leurs proposons ainsi des solutions adaptées à leurs besoins.

Par ces temps difficiles, les entreprises sont davantage à la recherche de solutions efficaces, rapides, simples et flexibles pour survivre. En sus du financement de fonds de roulement, nos offres comprennent aussi l’assurance-crédit pour se prémunir contre les non-recouvrements ou encore l’externalisation des services de débiteurs et de gestion de débiteurs, qui leur permet de réduire les coûts et d’optimiser leurs ressources.

Au Kenya, à travers votre filiale CIM Credit Kenya, vous vous êtes engagé résolument dans le secteur de la Fintech en développant des solutions de paiement mobile. Comptez-vous déployer cette expertise acquise en Afrique de l’Est à Maurice surtout quand on sait que depuis le confinement, il y a un réel essor pour les paiements numériques ?

À Maurice, nous mettons déjà en œuvre une stratégie digitale bien ficelée, grâce à laquelle nous avons lancé en mai notre application mobile, Mo Finans. Nous travaillons actuellement sur de nouvelles fonctionnalités qui seront bientôt dévoilées. Celles-ci offriront plus de visibilité et de transparence à nos clients quant à nos procédures. En utilisant cette application, nos clients peuvent désormais payer leurs mensualités en se connectant directement à notre plateforme sécurisée en ligne.

La période de confinement a renforcé notre conviction que les outils numériques sont les meilleures ressources dont nous disposons pour améliorer nos services et l’expérience client. Pour y parvenir, nous devons mettre en place un écosystème moderne et efficient qui possèdera la capacité nécessaire pour répondre à nos besoins. À cet égard, notre expérience au Kenya nous sera d’une grande aide vu le modèle d’affaires de vente à tempérament, compatible à la Fintech, que nous y avons déployé. Cependant, nous devons reconnaître que l’écosystème numérique mobile du Kenya et la forte sensibilisation des consommateurs aux plateformes de prêt fonctionnant grâce à des applications mobiles ont joué un rôle important pour faciliter le processus de mise en œuvre.

Selon le ministre des Finances, l’économie mauricienne devrait rebondir en 2021 avec possiblement une croissance de 10 %. Partagez-vous son optimisme ?

Dans le contexte économique actuel, nous devons rester prudents en raison des incertitudes qui prévalent et du manque de visibilité. En 2021, la performance de l’économie mauricienne sera toujours déterminée par ces incertitudes qui sont directement liées aux crises sanitaires et économiques. Plusieurs facteurs vont jouer un rôle décisif au cours des mois à venir, tels que le déploiement d’un vaccin efficace pour contenir la propagation du virus.

L’efficacité des mesures monétaires et fiscales prises par le gouvernement, incluant l’aide financier accordée à travers la Mauritius Investment Corporation et le Wage Assistance Scheme, doit encore être évaluée. Tout le monde s’accorde à dire que l’économie mauricienne devrait connaître une croissance, même si c’est à partir d’un niveau bas qui s’explique par la forte contraction ressentie cette année.